Se rendre au contenu

Foire aux questions


Beaucoup d’enseignants nous posent des questions bien légitimes. Lorsque c’est en formation, nous répondons directement. Sur les réseaux sociaux, d’autres questions surgissent en visionnant un court fragment décontextualisé dans une vidéo.

Merci pour ces précieuses questions qui nous permettent de mieux prendre conscience des zones d’ombres dans notre communication. Et merci pour votre soutien dans ces discussions sur les réseaux.

Voici les questions les plus typiques d’entre elles, avec notre réponse:

Où sont les pistes concrètes que vous proposez ?


Sur notre site: schoolup.be

Et plus spécifiquement ici: schoolup.be/outils

et là: schoolup.be/pedagogie 

Vous faites votre business sur la souffrance des enseignants.  


Oui et non.

Business - non

Nous nous limitons à un salaire d'enseignant, investissant le surplus dans de l'accompagnement ou du matériel gratuit.

Nous sommes financés par le système de formations continues de l'Etat (Belge). Sur ce financement, nous recevons un salaire de prof, au barème qui correspond à notre âge.

John, avec son master en informatique et sa première moitié de carrière dans le domaine, n’aurait aucune difficulté à trouver une mission dans le privé qui le rémunère à 6 chiffres (par an). Il a laissé tomber cela pour une 2e moitié de carrière qui fait sens pour lui, dans le domaine de l'enseignement. Et donc, nous ressentons certains propos délétères non étayés comme insultants, tant pour nous que pour beaucoup d'enseignants qui ont fait un choix similaire.

Souffrance des enseignants - oui

Nous rencontrons en formation présentielle, environ 3000 enseignants chaque année. La souffrance que nous ressentons dans les écoles est parfois très vive. Nous apportons des éléments de réponse, ce qui font dire à certains de ces enseignants que nous les avons aidés, ne fût-ce qu’en reconnaissant cette souffrance et en explicitant les causes.

Donc oui, une partie de notre succès tient de la crise que le système scolaire traverse.

C’est impossible de s’occuper d’un petit groupe d’élèves sans que ça ne dégénère avec les 25 ou 30 autres.   


L'autre jour, nous avons filmé une excellente enseignante en langues dans sa classe. Elle s'était engagée dans l'application de ce que nous proposons. Elle profitait du travail autonome des élèves pour s'attarder jusqu'à 2 minutes sur chaque élève qui venait à elle. C’est ce que beaucoup d’enseignants ont tendance à faire, tant ils sont avides d’enfin pouvoir expliquer les choses posément à un élève qui en a besoin.

Nous pensons que c’est une erreur. Ça s'appelle du préceptorat. Or, il faut garder un œil sur l'ensemble du groupe. Cela implique 2 choses: déléguer ("va demander à tel élève qui a compris") et se limiter à 10 secondes de micro-feedback par élève.

Plus tard, certaines classes qui sont rodées à ce fonctionnement peuvent se permettre que l'enseignant s'attarde sur l'un ou l'autre individu, mais ce n'est pas ce que nous proposons de base.

S'attarder sur un groupe de 5, c'est en effet souvent perdre les 25 autres. Ce n'est pas du tout cela que nous proposons. Différencier en se coupant en 3 ou en 5 n'est pas une solution écologique. C'est pourtant ce que trop de formateurs et de livres ont proposé ces 30 dernières années.

Ça ne marche qu’avec des petites classes de 15 élèves. J’en ai 30…   


C’est plus facile avec une classe de 15 élèves, en effet.

Passer de 30 à 15 élèves revient à doubler le nombre d'enseignants (qu'on ne parvient d'ailleurs plus à recruter), et donc le budget de l'Education Nationale (80%+ du budget est constitué du salaire des enseignants). Rares sont les gouvernements de l’OCDE qui se déclarent en capacité de le faire. Ce n'est pas dans le domaine du possible pour les profs que nous aidons sur le terrain.

Avant de différencier, nous insistons de rendre la classe différentiable, c'est-à-dire capable de respecter un climat de travail lorsque l’enseignant cesse les explications collectives. Pour cela, nous suivons des méthodologies de gestion de classe telles que l’enseignement explicite des comportements et la discipline positive.

Dans certaines classes très difficiles, il n’est pas question de travail autonome avant d’avoir pu reprendre les rênes, ce qui, idéalement, est l’effort collectif de toute l’équipe éducative. Dans cette conférence TEDx, on voit un extrait accéléré d’une grande classe avec parfois plusieurs enseignants. Beaucoup de ces élèves étaient réputés comme impossibles à mettre au travail.

https://www.youtube.com/watch?v=3mpq1GfYKxk

Oui, c’est plus facile avec une petite classe d’élèves plutôt scolaires qu’on a de nombreuses heures par semaine. Il n’est pas rare de voir, dans certaines écoles que nous accompagnons, les enseignants différencier par exemple avec une classe de 18 ans et une de 14 ans, mais surtout ne pas le faire avec une des classes de 16 ans jugée plus difficile.

Venez tester dans la vraie vie !   


Nous l’avons largement fait, Fanny dans sa carrière d’enseignante, John dans sa carrière de formateur pour adultes en reconversion, puis comme instituteur primaire. Nous avons même créé un environnement plus hétérogène que la vraie vie avec ce projet européen qui nous a permis de tenir une classe de 28 élèves âgés de 8 à 18 ans durant deux années.

Nous avons très régulièrement des retours d’enseignants que nous avons formés et qui progressent vers ce que nous proposons, petit pas par petit pas.

Finalement, nous allons dans des classes diverses et variées, surtout dans des écoles secondaires, de tout niveau socio-économique afin d'assister ou coacher l’enseignant, voire de prendre le cours en main lorsqu’il le désire.

Ce que nous proposons ne vient pas des livres, mais de notre expérience en classe. Nous n’utilisons la théorie que pour expliquer, pour mettre en perspective, pour ordonner ces procédés accumulés empiriquement.

J’aime le cours magistral qui explique que le cours magistral c'est💩. 


"Faites ce que je dis, pas ce que je fais". C’est un reproche classique de formation initiale des enseignants que l’on retrouve dans de nombreux pays.

En général, nous démarrons nos formations avec 1h ou 1h30 de conférence en grand groupe, d'où viennent souvent les extraits que nous postons sur internet. Puis on enchaîne avec des ateliers immersifs de 30-45' chacun. Ils constituent le gros de la formation et ne sont pas en mode ex-cathedra. Nous sommes aussi parmi les rares formateurs qui prévoient formellement un temps de mémorisation en notre présence.

Nous tentons l'exemplarité, mais ce n'est pas toujours facile. Car une fois que nous commençons à expliquer, nous avons du mal à nous arrêter, d'autant plus si on nous bombarde de questions.

Je voudrais bien voir cela !


En effet, une image serait plus parlante qu’une explication. C'est pour cela que nous sommes occupés à filmer des classes avec des vrais élèves, parfois difficiles. Et parfois ça ne se passe pas bien, par exemple lorsque l'enseignant profite du travail autonome pour s'attarder sur un élève qui a besoin de lui.

Nous espérons pouvoir publier des extraits de classe en formation et sur les réseaux (en accord avec les protagonistes).

Au moins 1/3 des élèves s’en foutent !!!  


Dans un contexte où les élèves sont placés de gré ou de force dans les écoles, où les écrans offrent des loisirs addictifs bien plus attirants, où l'enseignant a perdu beaucoup de considération morale/sociale, comment les motiver pour des apprentissages dont ils voient de moins en moins l'utilité ?

Nous savons tous qu'il n'y a pas de formule miracle. Mais nous l'avons fait, dans beaucoup de classes, parfois très défavorisées. Ça commence par de petites choses, comme un sentiment fréquent de réussite. Pour cela il faut leur donner à chacun une tâche à son niveau réel, même s'il a 4 ans de retard sur son niveau administratif, et même s'il ne réussira peut-être pas son examen de fin d’année ou son interro (sommative) de fin du mois.

Vous êtes des suppôts du libéralisme!


Certains militants aiment nous donner une orientation politique. Parfois une minorité vociférante. Cela se cristallise souvent autour du livre de John: “Sauver l’école ?

Voici par exemple, une opinion de Cécile Goré qui a lu le livre, contrairement à ceux qui se basent uniquement sur son article pour le juger : 
https://www.skolo.org/2015/04/18/john-rizzo-laped-et-les-grands-complots-gauchistes/

Ce qui est intéressant, avec “Sauver l’école ?” c’est qu’on y trouve tout et son contraire. C’est-à-dire que John utilise une écriture en vagues: il va dans une direction, avant de se retrouver dans la direction opposée.

Par exemple, pour reprendre le titre de cet article, “Le grand complot de gauche” est une des sections du livre (page 294, 2e édition). Bien entendu, un agitateur de foules se doit d’ignorer la section suivante qui s’intitule “Le grand complot de droite” (p. 296), avant d’enchaîner sur “Le grand complot des patrons” (p. 299).

Celui qui cherchera à donner une couleur politique au livre trouvera la couleur qui lui convient, comme dans l’image ci-dessous.

Mais comme nous sommes des humains, donc totalement biaisés, nous avons demandé à une IA. Après avoir téléversé le texte intégral du livre dans NotebookLM, nous lui avons posé la question: "Est-ce que l'auteur, le livre est de gauche ou de droite ? ". Voici la réponse de l'IA:

« Le livre "Sauver l’école ?" ne se positionne pas explicitement comme étant de gauche ou de droite, et l'auteur semble adopter une approche pragmatique plutôt qu'idéologique. [NDLA: s'en suit un étayage d'une page avant de conclure]
En résumé, l'auteur et le livre adoptent une position pragmatique et axée sur des solutions concrètes et éprouvées pour transformer l'école, en cherchant à combiner le meilleur des approches pédagogiques pour le bénéfice de tous les élèves. Le soutien à l'école publique tout en prônant l'efficacité, l'autonomie et l'adaptation à la réalité du terrain suggère une volonté de dépasser les clivages idéologiques traditionnels pour trouver des solutions fonctionnelles. »


Soyons clairs: notre pédagogie est apolitique. Nous préférons la science aux tabous et aux dogmes. Nous ne voulons permettre à chacun de récolter les fruits de ses efforts. Profs inclus. Les besoins et la demande sont criants.

Nos intentions, par contre, peuvent difficilement être totalement neutres. Si cela devait intéresser quelqu’un, nous les développons dans nos missions

Nous désirons que l’école publique assure les missions suivantes:

  • Permettre à chaque élève d’être instruit au mieux de ses capacités, quelle que soit son origine socio-économique (et oui, cela implique de mettre un peu plus de moyen sur ceux d’origine modeste). 
  • Donc, que le déterminisme socio-scolaire mis en évidence en Belgique par PISA diminue fortement.
  • Aussi, que chaque élève se sente bien et se sente grandir dans son école gratuite où ses profs s'épanouissent aussi.
  • Donc, que les écoles privées payantes disparaissent d’elles-mêmes face à une offre d’Etat alléchante.

Voilà pour les grands principes qui, je l'espère, sont partagés par la plupart de nos concitoyens. Qu’en est-il des moyens, des chemins à emprunter pour y parvenir ?

C’est généralement là que les opinions divergent: nominations, FIE, différences barémiques, taille ultra-variable des classes, précarité de début de carrière, valorisation du qualifiant, DPPR, évaluation des enseignants, réseaux, etc. Pourquoi les opinions divergent ? Ne serions-nous pas collectivement capables de prendre des décisions d’intérêt général ? Non. En effet, car les intérêts particuliers sont trop forts. Et tant Fanny que John détestent lorsqu’ils sont défendus au nom de l’intérêt général. Voilà, c’est dit. N’en parlons plus. Ce n'est pas notre combat.

J’aimerais tellement vous voir dans mon école sur [région]


Pour l’année 2025-2026, nous sommes complets et nous n’avons pas l’équipe qui permettrait de faire plus. Invitez votre direction à se faire connaître. Nous préférons vous avoir sur notre liste d’attente que de ne pas savoir que vous souhaitez notre intervention.

Nous sommes basés en Belgique et nous voyageons volontiers de temps en temps.

Nous espérons proposer bientôt des séquences de formation en ligne.

Nous voyageons très peu. Parfois sur demande d'une direction ou d’un gouvernement, nous allons hors de Belgique, mais c'est un dispositif lourd, coûteux, et rare. 

Nous faisons aussi des webinaires sur commande pour un groupe d’enseignants réunis dans un local devant un grand écran.

Formation en ligne, où voir les vidéos complètes ?


Il existe des vidéos complètes et nous devons les retravailler pour proposer une formation en ligne. Nous aimerions que cette formation en ligne soit gratuite, mais c'est beaucoup de travail. Nous organisons un crowdfunding de création auquel vous pouvez participer schoolup.be/don .

Comment suivre où s'inscrire à une formation présentielle ?  


Pour les formations en Belgique francophone en école complète vous inscrivez votre établissement via votre réseau. Nous avons remporté des appels d'offres avec le réseau catholique, avec le CECP, avec le CEPONS, et avec la FELSI. Il faut s’y prendre à la fin de l’hiver pour avoir une date dans l’année scolaire qui suit.

Pour une formation à inscription individuelle, ça se passe avec l'IFPC. Voici le lien vers nos formations individuelles: https://www.schoolup.be/formations#petit-groupe La plupart sont complètes près d'un an à l'avance, malgré que nous dédoublons régulièrement les sessions.

Comment motiver ou remotiver les élèves ?  


C'est une question qui n'a pas de réponse simple. Un ensemble de facteurs permet d'y arriver et certains échappent à l’école.

Voici notre réponse simpliste. La base, c'est que chaque élève soit occupé dans sa zone proximale de développement, c'est-à-dire avec une tâche ambitieuse mais atteignable.

C'est très compliqué si les élèves ont des niveaux différents en classe. C'est toute la démarche de différenciation que nous proposons qui passe par l'autonomisation des élèves et l'entraide entre élèves. Mais ça commence par un climat de travail, donc une gestion de classe solide. Avec un élève qui a beaucoup d'échecs depuis longtemps et qui ne veut pas se mettre au travail, il faut d'abord remuscler chez lui un sentiment de réussite, c'est-à-dire le lien entre l'effort et le sentiment de réussite. Parce que je fais un effort, j'ai une petite réussite, et donc la chimie de mon cerveau me procure un plaisant sentiment de réussite.

On propose des tâches d'abord très atteignables et très petites mais de plus en plus ambitieuses pour remuscler ce mécanisme de motivation intrinsèque à l'apprentissage.

C'est facile à énoncer ici, c'est très compliqué à faire. Ça dépend aussi, dans une école, par exemple secondaire, beaucoup des collègues et de ce qui se passe dans les autres cours. Il est clair que quand on a une cohérence d'école, la cohérence du corps enseignant face aux élèves, on obtient de meilleurs résultats comme l'a souvent prouvé la recherche scientifique.